Isabelle Augereau Psycho-Praticienne et Coach

Où cours-tu ainsi ? Retrouver le moment présent pour changer ton rapport au temps

Écrit par Isabelle Augereau, Psycho-Praticienne et Coach en Harmonie Intérieure, Spécialisée dans les compulsions alimentaires.

Consultations en visio.

Isabelle-Augereau-Coach

Où cours-tu ainsi ? Retrouver le moment présent pour changer ton rapport au temps

« Prends profondément conscience que le moment présent est tout ce que tu as. Fais du maintenant l’axe principal de ta vie. »
Eckhart Tolle

Tu as peut-être remarqué quelque chose de simple, mais très révélateur : même quand tu as enfin « du temps », ton esprit, lui, continue de courir. Il saute déjà à demain, il revient à hier, il anticipe, il s’inquiète, il calcule, et pendant ce temps-là, ton corps traverse la journée comme s’il devait tenir, produire, avancer, plutôt que vivre. C’est précisément pour cela que le sujet du temps n’est pas seulement une question d’agenda, d’organisation ou d’horaires : c’est une question de présence, c’est-à-dire la manière dont tu habites ce que tu vis.

Notre rapport au temps est devenu une norme silencieuse : gérer, optimiser, prévoir, remplir, et vivre comme si l’instant présent n’était qu’un couloir entre deux « vrais moments ». Il y a le temps horloge, celui que nous connaissons toutes, utile pour structurer une journée, respecter un rendez-vous, organiser une vie, et puis il y a l’ici et maintenant, beaucoup plus simple, beaucoup plus vivant, mais que nous quittons sans cesse. Or cet ici et maintenant est le seul lieu où la vie se passe réellement, et c’est aussi le seul espace où tout est déjà là, même si nous avons appris à l’oublier.

Je vais déplier ce sujet en profondeur, sans en faire un concept de plus à comprendre, mais comme une expérience à retrouver, parce que revenir au présent n’est pas un objectif à atteindre : c’est un mouvement intérieur à réapprendre, pas à pas, dans le concret de tes journées.

Rapport au temps : comprendre la différence entre le temps horloge et l’ici et maintenant

Quand tu observes ton quotidien, tu peux voir à quel point ton attention quitte naturellement l’instant présent pour aller se poser ailleurs, soit dans le passé, soit dans le futur, et souvent sans que tu t’en rendes compte, comme si ton esprit vivait dans une autre pièce pendant que ton corps continue d’avancer. Le temps horloge est précieux, parce qu’il permet de planifier, de coordonner, d’organiser, mais il devient source de souffrance quand il colonise ton monde intérieur et qu’il transforme la vie en pression permanente, en inquiétude, en tension de fond, en sensation de retard.

L’ici et maintenant, lui, n’est pas une idée, ni une philosophie, ni une injonction à « profiter de la vie ». C’est une expérience directe, simple, accessible dans la matière du quotidien : sentir l’appui de tes pieds sur le sol, la respiration qui te traverse, la chaleur d’une tasse entre tes mains, l’eau qui coule sur ta peau, un regard, un geste ordinaire. Et lorsque tu reviens là, même brièvement, quelque chose change : tu n’es plus en train de traverser ta vie, tu es en train de la vivre, parce que ton attention et ton corps se retrouvent au même endroit.

Passé et futur : pourquoi le mental te fait souffrir quand il prend toute la place

Quand l’attention reste accrochée au passé, elle nourrit la mémoire, la comparaison, les regrets, les « j’aurais dû », les scènes rejouées, les blessures réactivées, et ce mouvement finit par créer une lourdeur intérieure, parfois une forme de tristesse ou de découragement, parce que tu continues de vivre dans un temps qui n’existe plus. Et quand l’attention se projette sans cesse dans le futur, elle alimente l’anxiété, la tension, l’anticipation, le besoin de prévoir, de contrôler, de sécuriser, comme si ton système entier cherchait à vivre à l’avance pour ne pas être surprise, pour ne pas être bousculée, pour ne pas ressentir.

Il y a une mécanique très simple, et souvent très parlante : plus tu es dans le passé, plus c’est lourd, plus tu es dans le futur, plus c’est tendu. Entre les deux, il y a cet endroit que nous quittons sans cesse et qui pourtant est le seul réel, le seul vivant, le seul habitable : l’instant présent. Revenir au présent devient alors une hygiène intérieure, parce que tant que tu vis majoritairement dans le passé ou dans le futur, tu ne rencontres pas la vie telle qu’elle est, tu rencontres surtout ce que ton mental raconte à propos de la vie, et tu finis par vivre dans des images plutôt que dans une expérience.

Course permanente : “où cours-tu ainsi ?” et qu’est-ce que tu crois trouver au bout

La course n’est pas seulement un rythme extérieur, c’est très souvent un état intérieur, une agitation, une pression, un sentiment qu’il y a toujours quelque chose à faire, à régler, à améliorer, à dépasser, et si tu es une femme qui porte beaucoup, qui tient beaucoup, qui veut bien faire, tu connais intimement ce mouvement, parfois même sans le nommer, comme une tension de fond qui te pousse à ne jamais vraiment t’arrêter.

Derrière cette course, il y a souvent une promesse silencieuse : « quand j’aurai fini, quand j’aurai réussi, quand j’aurai réglé ça, quand je serai enfin à jour, quand je serai plus sereine, quand je serai plus organisée, alors je pourrai respirer ». Sauf que ce « quand » se déplace sans cesse, parce que le mental est construit pour chercher un après, un point d’arrivée, une garantie. Et tant que tu lui demandes de te donner la sécurité intérieure, il continuera à courir, car la sécurité n’est pas un résultat, c’est un état qui se retrouve ici, maintenant, dans le corps.

C’est là qu’apparaît un paradoxe très profond : à force de vouloir atteindre ce qui manque, l’être humain se met à courir après ce qu’il est déjà, mais qu’il ne perçoit plus. Il cherche au loin ce qui ne peut être retrouvé qu’en revenant à lui-même, et il poursuit à l’extérieur quelque chose qui, dans son essence, ne pourra jamais être obtenu par l’accumulation, la maîtrise ou la vitesse.

Système nerveux et rapport au temps : quand courir te maintient en mode survie

Courir n’est pas neutre pour ton système, parce qu’un rythme intérieur d’urgence envoie un message clair au corps : « il y a un danger », même si ce danger n’est pas réel dans l’instant. Alors le système nerveux s’adapte, il se mobilise, il se met en vigilance, il anticipe, il surveille, il pousse, et au bout d’un moment, cette tension devient tellement habituelle qu’elle semble normale, comme si vivre devait forcément être serré, rapide, mental, contrôlé.

Dans cet état, il devient difficile de se déposer, difficile de goûter une sécurité simple, et c’est là que des stratégies de compensation apparaissent, non pas par faiblesse ou par manque de volonté, mais parce que ton corps cherche un apaisement immédiat quand l’intérieur est trop chargé. Certaines surinvestissent le travail, d’autres se perdent dans le contrôle, d’autres se remplissent de contenu, de solutions, d’idées, et pour beaucoup, la nourriture devient un refuge rapide, parce qu’elle donne un soulagement momentané quand le mental tourne trop vite et que la pression intérieure devient trop difficile à porter.

Ralentir, dans ce contexte, est un signal de sécurité envoyé au corps, un message simple et profond : « il n’y a rien à fuir maintenant, rien à résoudre immédiatement, rien à contrôler tout de suite, je suis en sécurité », et ce message, répété dans de petits instants, peut transformer la manière dont ton système vit la vie.

Présence et quotidien : pourquoi certaines tâches deviennent lourdes quand tu n’es pas là

Tu as peut-être remarqué que beaucoup de « corvées » deviennent insupportables non pas parce qu’elles sont réellement difficiles, mais parce que ton attention est déjà ailleurs pendant que tu les fais. Faire le ménage en pensant à tout ce qu’il reste encore à faire, faire la vaisselle en attendant que ce soit terminé, préparer un repas en étant déjà dans l’étape suivante, marcher sans sentir ses pas, écouter quelqu’un en préparant intérieurement ta réponse ou ta to-do list : ce décalage entre le geste et la présence transforme l’action en fardeau, parce que l’instant devient un obstacle entre toi et un autre moment jugé plus agréable.

Or, lorsque tu reviens réellement à ce que tu fais, la qualité de l’expérience change, pas parce que tout devient « merveilleux », mais parce que tu cesses d’être coupée de l’instant. L’action redevient ce qu’elle est : un geste vivant, neutre, parfois même apaisant, et tu redécouvres que la vie ne se joue pas seulement dans les grands moments, elle se joue dans la manière dont tu habites les petits moments, ceux que tu traverses sans les voir dans ton quotidien.

Ici et maintenant : revenir au présent sans en faire une injonction de plus

Revenir au présent ne consiste pas à se forcer à « être zen », ni à supprimer le mental, ni à se juger dès qu’on part dans une pensée. Il s’agit plutôt de retrouver un geste intérieur très simple : remarquer que tu es partie, et revenir, avec douceur, sans te faire violence, comme on ramène un enfant par la main, sans le gronder, juste en le guidant.

Tu peux commencer par une expérience très concrète, sans rien changer à ta vie : choisis un moment ordinaire, par exemple te laver les mains, préparer une boisson chaude, t’asseoir avant d’ouvrir ton ordinateur, marcher de ta voiture à ta porte, et pendant trente secondes, fais-le en restant avec ce que tu fais, en sentant le contact, la température, l’appui des pieds, la respiration. Observe simplement le mouvement du mental qui veut partir ailleurs, pour voir à quel point il essaye de t’emmener dans le passé ou dans le futur. Ce retour est profondément transformateur, parce qu’il te redonne de l’espace, et cet espace, c’est déjà de la liberté.

Et si tu sens que ton système est souvent en suractivation, que ton mental cherche sans cesse des solutions, des contenus, des réponses, alors le plus grand acte de présence peut être d’arrêter d’ajouter des stimuli, et de choisir un geste simple qui rassure ton corps : marcher dehors, respirer lentement, bouger doucement, sentir la chaleur d’un plaid, te relier à quelque chose de vivant, parce que ton corps comprend la sécurité bien avant que ton mental ne comprenne quoi que ce soit.

Compulsions alimentaires et rapport au temps : quand l’urgence intérieure cherche une sortie

Quand tu souffres de compulsions alimentaires, tu connais ce moment où tout va très vite, où la tension monte, où l’intérieur devient bruyant, où tu te sens aspirée, comme si tu n’avais plus d’espace, et ce qui est frappant, c’est que dans ces instants, tu n’es plus dans le présent : tu es dans une urgence, dans un automatisme, dans une tentative de calmer quelque chose d’insupportable.

La nourriture, dans ces moments-là, n’est pas « le problème », elle devient une stratégie de régulation, un moyen de revenir à une forme de stabilité quand ton système n’y arrive plus autrement. Et c’est précisément pour cela que le retour au présent n’est pas un conseil vague : c’est un chemin très concret, qui consiste à retrouver de l’espace avant que ça déborde, à sentir la montée intérieure plus tôt, à repérer le moment où tu bascules dans le futur (« il faut que ça s’arrête, je n’en peux plus ») ou dans le passé (« je suis nulle, je recommence »), puis à ramener ton attention dans le corps, dans une sensation, dans une respiration, dans un geste qui apaise.

Il ne s’agit pas de te contrôler davantage, il s’agit de te rejoindre davantage, parce que plus tu apprends à revenir ici, maintenant, plus tu crées un espace intérieur où tu peux choisir, et cet espace est précieux, car c’est lui qui manque au moment où la compulsion arrive.

Prendre le temps : une autre manière de vivre, sans tout quitter ni tout changer

Prendre le temps ne signifie pas arrêter de vivre, ni devenir lente, ni renoncer à tes projets. Prendre le temps signifie vivre autrement ce qui est déjà là, agir avec davantage de présence, avec une qualité d’attention qui te permet de ne plus être systématiquement projetée dans l’après, comme si ta vie devait commencer plus tard. Peu à peu, tu retrouves une continuité intérieure, parce que la vie n’est plus divisée entre les moments agréables et les moments à subir : elle redevient un fil vivant, et ce fil, c’est ta présence.

Et ce changement déborde largement le rapport au temps : une femme qui revient au présent ne vit plus de la même manière sa relation à la nourriture, à son corps, à ses émotions, à son travail, à ses relations, parce qu’elle ne cherche plus uniquement à tenir, à compenser, à atteindre. Elle commence à habiter, à être, et cela change profondément la qualité de son expérience intérieure.

Conclusion : une invitation à vérifier par toi-même

Il n’y a rien à croire ici, il y a quelque chose à vérifier. Observe ce qui se passe en toi lorsque tu es prise dans l’urgence, lorsque ton attention est happée par l’après, lorsque ton corps est tendu et que ta présence se retire, puis compare avec ce qui se passe quand tu ralentis légèrement, quand tu reviens à ta respiration, à tes sensations, au geste que tu es en train de faire. Tu n’as rien à réussir : il s’agit seulement de sentir, et souvent, c’est dans cette expérience simple que commence une autre manière d’être au monde.

Et toi, dans quel endroit de ta vie te surprends-tu à courir le plus en ce moment, et qu’est-ce que tu crois chercher, au fond, quand tu accélères ainsi ?

Si tu veux, tu peux me répondre en commentaire, je te lirai avec attention.

Si tu sens aussi que cette course intérieure est liée à une lutte avec la nourriture, avec ton corps, avec ton besoin de contrôle, alors mon accompagnement Harmonie Intérieure est un chemin pour revenir au corps, créer davantage de sécurité intérieure, et retrouver une relation plus apaisée à toi-même, un pas après l’autre. 

NB / Les informations présentes sur ce compte et dans cet article ne dispensent en aucun cas de consulter et/ou suivre les recommandations allopathiques de votre médecin. Votre médecin ou spécialiste est l’unique interlocuteur habilité à établir un diagnostic médical ainsi que le traitement adapté. Je ne propose ici que des conseils pour améliorer votre hygiène de vie et augmenter votre vitalité.

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